Saison #3

22 octobre 2021

La santé

Le féminisme, c’est bon pour la santé !

 

Le poids des tabous pèse encore très lourd sur la question de la santé des femmes. L’espérance de vie, qui leur est globalement favorable dans les pays économiquement développés, a pu faire office d’écran pour masquer certaines réalités en matière de santé.

Des maladies sont sous-diagnostiquées. Des stéréotypes bien ancrés excluent les femmes des essais cliniques et des recherches sur certaines maladies. Les inégalités sociales, dont elles sont majoritaires à subir les conséquences, retardent ou empêchent l’accès au soin. Paradoxalement, elles occupent les premières lignes de la prise en charge, comme les derniers mois l’ont crûment mis en lumière.

Inutile d’enfoncer le clou : dans le domaine de la santé comme ailleurs, les hommes et les femmes ne sont pas logé·e·s à la même enseigne.

Depuis quelques années, le sexisme du parcours médical est dénoncé tous azimuts. Côté soignantes (#PayeTaBlouse, 2017) ou côté patientes (#PayeTonUterus, 2019), l’heure est à la prise de conscience et cela porte ses fruits :  rapports du Haut Conseil à l’Égalité appelant à Prendre en compte le sexe et le genre pour mieux soigner en 2020 ou encore de la Haute Autorité de Santé intitulé Sexe, genre et santé la même année… 

Tous ces signaux mobilisateurs tendraient à démontrer que le féminisme, c’est bon pour la santé !

D’autant qu’on peut aussi peut-être en voir d’autres, des signaux, dans la promotion, majoritairement féminine, de certaines approches de santé globale ou éco-féministes qui font le lien entre santé et environnement et qui se préoccupent de convaincre que la santé, n’est pas qu’une affaire de femmes…

C’est une évidence. Mais ça va mieux en le disant.

Au programme

8h30-13h30

Salons Mauduit – 10, rue Arsène Leloup, Nantes

Une matinée ouverte à tou·te·s pour changer les idées sur l’égalité femmes-hommes.

Collecte de de produits d’hygiène, de soin et de beauté

Au profit de Féminité sans abri

Les Fameuses organisent une collecte de produits d’hygiène, de soin et de beauté au profit de l’association Féminité sans abri qui vient en aide aux plus précaires.

Un bac sera à votre disposition pour y déposer déodorants, savons, tampons, rasoirs, dentifrices, parfums… Les produits doivent absolument être neufs et non périmés. Les échantillons sont acceptés, comme les grands formats.

Féminité sans abri se charge ensuite de constituer des kits d’hygiène qui seront distribués aux femmes qui en ont besoin : dans les foyers, les centres d’hébergement et structure d’accueil, lors de maraudes…

D’avance, merci de votre générosité !

Seules les conférences du Salon Mauduit seront diffusées sur la plateforme Imagina (et disponibles en replay).
Pour une expérience complète du festival (ateliers, stand, dédicaces, networking…), nous vous donnons rendez-vous en salle !

8h30

Ouverture des portes – accueil

8h45

Salon Mauduit
Warm up

9h00

Salon Mauduit
Femmes et santé : une histoire d’inégalités

Muriel Salle
Patricia Lemarchand

En matière de santé, hommes et femmes ne sont pas logé·e·s à la même enseigne. Et si les différences biologiques expliquent pour partie les multiples inégalités que l’on peut repérer, elles sont loin d’en être la seule cause. Le poids des représentations sociales est un facteur majeur d’inégalités entre les sexes dans l’accès aux soins et la prise en charge médicale. Outre les représentations sociales liées au genre féminin ou masculin qui jouent sur l’attitude des patient·e·s, du corps médical et des chercheur·se·s, les modalités d’élaboration des savoirs et des pratiques médicales jouent un rôle clé dans l’affaire. L’historienne Muriel Salle mettra en perspective la façon dont les savoirs médicaux contemporains se sont construits, entre invisibilisation et survisibilisation des femmes, au détriment d’une prise en considération globale de leurs corps et de leurs problématiques de santé. La praticienne, Patricia Lemarchand, pneumologue, professeure au CHU de Nantes, témoignera des conséquences concrètes de ces savoirs médicaux biaisés sur les prises en charges et thérapeutiques proposées aux femmes ainsi que sur les inégalités d’accès au soin.

9h45

Salon Mauduit
Genre et santé : une question de point de vue

Juliet Drouar

Et si nous étions des personnes plutôt que des femmes ou des hommes ? Notre société trie les enfants à la naissance en fonction de leurs organes génitaux et en déduit leur rôle : homme ou femme, dominant ou dominée. Juliet Drouar bouscule le genre et soumet l’hypothèse qu’on n’a pas seulement construit un genre féminin (un ensemble de comportements) mais également inventé un corps féminin (et un corps masculin) reflet des dominations en sous et mal nourrissant les « femmes », en les empêchant de se mouvoir librement, en les stressant continuellement, en calibrant au bistouri les sexes, en les abreuvant d’œstrogènes et de progestérone, en les enjoignant à différentes normes esthétiques, etc. Tout une démarche en quelque sorte « auto réalisatrice » qui aurait binarisé nos corps, nos sexes, nos sexualités, nos systèmes hormonaux, nos gènes.

Salle Flora Tristan
Genre, égalité, santé et conditions de travail (45 min)

Florence Chappert
Florence Rousseau
Virginie Garreau

Les liens entre genre et santé au travail ont souvent été ignorés, ou du moins sous-estimés. Les études les plus récentes ont démontré, par exemple, que la sexuation des emplois joue fortement et différemment sur la santé au travail des femmes et des hommes. Elles ont permis de faciliter la reconnaissance des pénibilités et risques professionnels des femmes, en particulier pour les troubles musculo-squelettiques (TMS). Cette approche genrée a également permis de détecter des inégalités en matière d’accident du travail (en régression chez les hommes et en augmentation chez les femmes) et d’identifier des facteurs de risques plus spécifiques aux femmes (notamment en matière d’agressions sexistes et sexuelles), de mieux comprendre les écarts statistiques sur certains sujets (santé psychique, congés maladie…), sans parler, bien entendu, de la prise en compte des aspects purement liés aux différences biologiques (grossesse, menstruation…). Une approche sensible au genre qui intègre donc le fait que les différences au niveau des emplois occupés, des rôles sociétaux, des attentes et des responsabilités entre les hommes et les femmes entraînent des risques physiques et psychologiques différents et qui propose, dans certains cas, des mesures de prévention et de contrôle différenciées sur le lieu de travail.

10h05

Salon Mauduit
Mon corps moi-même : une question de principe dans le parcours de soin

Judith Aquien
Mounia El Kotni
Sabrina Debusquat

Judith Aquien (« Trois mois sous silence »), Mounia El Kotni (« Nos corps nous-mêmes ») Sabrina Debusquat (« J’arrête la pilule »), trois féministes qui illustrent, chacune à leur manière, un mouvement de réappropriation par les femmes de leur corps dans ses dimensions intimes, quitte à passer par une contestation du pouvoir médical et par l’appropriation d’une contre-expertise citoyenne.

10h50

Salon Mauduit
Pause

Salle Flora Tristan
Au bonheur des vulves

Élise Thiébaut
Camille Tallet

Il a fallu des siècles pour découvrir le clitoris et oser parler ouvertement du vagin. Voici venu le temps de s’occuper de notre vulve, cet organe méconnu qui est la porte d’entrée des plaisirs, et, accessoirement, la porte de la vie. Parce qu’elle palpite durant l’orgasme, on l’appelle d’ailleurs parfois le deuxième cœur. Or, si chaque personne dotée d’un utérus a déjà entendu parler de frottis et de mammographie, de contraception et d’accouchement, la santé et le bien-être quotidien de nos entrejambes restent tabous. Comme pour les règles, le post-partum, la ménopause et l’accouchement, l’approche médicale classique échoue souvent à aider les personnes concernées. Des mycoses à répétition aux cystites récidivantes, de la vulvodynie à la dyspareunie, de la sécheresse vaginale à la vaginose, en passant (ou pas) par la vaginite et la bartholinite, de l’endométriose aux règles douloureuses, ces souffrances n’ont pourtant rien d’imaginaire, ni de fatal ! « Au bonheur des vulves : douleurs, irritations, démangeaisons… : manuel antidouleurs pour toutes celles qui en ont entre les jambes » est le fruit d’une rencontre entre Camille Tallet, sage-femme, et Élise Thiébaut, femme un peu moins sage, autrice de plusieurs best-sellers sur les règles. Cet ouvrage nous propose de mieux connaître nos corps pour prendre soin de nous au quotidien, sans tabou et sans honte.

11h20

Salon Mauduit
Im/patiente : exploration féministe du cancer du sein

Mounia El Kotni
Sophie Lelièvre

Maëlle a 30 ans quand elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein métastatique, réputé incurable. En traitement continu depuis 3 ans, elle fait petit à petit l’expérience inattendue des injonctions à la féminité comme principale urgence face à cette maladie qui tue 12 000 femmes par an en France. Elle s’associe alors à l’anthropologue Mounia El Kotni. Fortes de l’expérience de Maëlle et du travail de recherche de Mounia, elles partent à la rencontre d’autres patient·e·s, d’oncologues, de chirurgiens, de psychologues mais aussi d’associations, de travailleur·se·s socia·les·ux, d’entrepreneur·e·s, de laboratoires pharmaceutiques et de personnalités politiques, elles questionnent la narration stéréotypée des cancers du sein, interrogent les attentes de genre des patientes posées sur elles par la société et invitent tou·te·s  les citoyen·ne·s à sortir de l’apathie pour lutter ensemble contre la maladie du siècle. Sophie Lelièvre, chercheuse à l’institut de cancérologie de l’Ouest connaît aussi bien la maladie, s’inquiète de sa progression et de l’insuffisance des moyens alloués pour la combattre vraiment. Malgré d’indéniables progrès dans les traitements et la détection, il reste beaucoup à faire dans la prévention, et les solutions proposées pour le moment sont inappropriées. Devant la difficulté que revêt l’approche pour diminuer le risque de cancer, il faut fédérer chercheurs, cliniciens et patient·e·s et faire de la diversité inhérente à cette maladie une force.  

Salle Flora Tristan
Trois mois sous silence

Judith Aquien

Pour 85 % des femmes, les trois premiers mois de la grossesse sont, par certains aspects, un enfer tant physique que psychologique : nausées, vomissements, fatigue extrême, état dépressif, peur de la fausse couche et, dans près de 20% des cas, fausse couche réelle… Alors que le début de grossesse est marqué par l’insécurité permanente d’un corps qui met tout en place pour accueillir la vie, rien ne doit transparaître de l’état des femmes : elles sont invitées à prendre sur elles, au travail comme à la maison et à taire ce qu’elles endurent.
Ce livre dénonce la non-prise en charge – RH, médicale, psychologique… ? des femmes pendant ce tiers de leur grossesse, à la faveur de l’injonction à ne pas en parler, et propose une lecture féministe de ce tabou systémique.

11h50

Salon Mauduit
Pas de santé sans féminisme

Marie Bécue
Sandrine Mansour

Bien avant l’apparition du COVID-19, l’OMS expliquait déjà que le genre et les inégalités de genre sont deux déterminants sociaux majeurs de l’accès aux soins de santé. L’épidémie actuelle a illustré un fait déjà connu de tou·te·s les travailleur·se·s humanitaires et organisations de la solidarité internationale : en période de crise, ces inégalités se renforcent et l’accès aux soins et services de santé primaire pour les femmes et les filles s’avère plus que jamais un enjeu primordial. Les associations de terrain le savent mieux que quiconque. Par exemple, Carine Rolland, présidente de Médecins du Monde, considère : « Nos combats sont par essence féministes car ils portent un idéal d’égalité, de non-discrimination, de justice et de santé. »

Salle Flora Tristan
J’arrête la pilule

Sabrina Debusquat

Dans les années 60, les femmes obtiennent de haute lutte le droit à la contraception et à l’avortement. La pilule devient la première contraception. Grâce à elle, les Françaises vivent une sexualité libérée et acquièrent autonomie professionnelle et financière. Mais depuis les années 2000, le vent a tourné et les jeunes boudent la pilule dont la consommation a diminué de 20 % en quinze ans. Baisse de libido, migraines, dépressions, cancers… Une nouvelle génération crie « Marre de souffrir pour ma contraception ! » et demande que les contraceptions évoluent vers moins d’effets indésirables et plus de partage entre hommes et femmes. « La meilleure contraception est celle que l’on choisit » dit l’adage… « Encore faut-il que les options soient satisfaisantes ! » nuance une nouvelle génération qui pose aussi sur la table de chevet la question du partage de la charge mentale de la contraception : et pourquoi pas les hommes ?

12h20

Salon Mauduit
Rosëmyo : la grossesse ne s’arrête pas à l’accouchement

Marion Annerose

On invisibilise le post-partum car la maternité doit rester quelque chose de facile, glamour, naturel… Or, le post-partum est en contradiction avec cette image de la maternité simple, glorieuse et fluide. Marion Annerose, sage-femme nantaise de 29 ans, a lancé Rosëmyo pour informer, préparer, accompagner les familles qui viennent d’accueillir un enfant.

12h30

Salon Mauduit
Le féminisme n’est pas toujours bon pour la santé

Anaïs Bourdet

Féministe engagée, Anaïs Bourdet a annoncé le 23 juin 2019, la fin de « Paye ta shnek », le fameux Tumblr recensant d’innombrables témoignages de femmes victimes de harcèlement de rue, après 7 années d’activité et quelques émules (Paye ta robe, Paye ton conjoint, Paye ta rédac, Paye ton agence…). “Je n’ai pas ou plus les épaules, je suis épuisée et, honnêtement, terrorisée (…) Je n’arrive plus à lire vos témoignages et à les digérer en plus des violences que je vis dès que je mets le pied dehors. La colère que j’ai accumulée en presque 7 ans me bouffe et me pousse à réagir quasi systématiquement, et la plupart du temps, ça ne fait qu’envenimer la situation”, a-t-elle souligné. Pour Muriel Salmona, psychiatre présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie “c’est un mixte entre le burn-out militant et un traumatisme vicariant”. Le traumatisme vicariant est un traumatisme pouvant survenir chez les professionnels de l’aide qui, chaque jour, recueillent des témoignages de victimes. Un témoignage qui prend le contre pied du titre de la journée : le féminisme n’est pas toujours bon pour la santé… Une occasion aussi de parler de santé psychique.

Salle Flora Tristan
La femme est l’avenir [de la santé globale] de l’Homme // Atelier interactif
Valérie et Olivier Broni

Les études sociologiques montrent que les valeurs du monde d’après sont « féminines » et basées sur une approche de santé globale, naturelle, dans le lien avec les autres et l’environnement. On note que dans tous les événements qui touchent aux registres de la santé globale, les femmes représentent 80 % des participant·e·s. Ce temps d’avance est une chance pour l’humanité, mais comment entraîner le plus grand nombre ? Et déjà tout simplement ses proches ?
On imagine le déroulement de l’atelier en trois temps :

  • un test d’autoévaluation pour permettre d’évaluer sa sensibilité « santé globale »
  • un constat et des clés pratiques pour influer positivement sur son entourage et atteindre la masse critique de basculement vers un monde porteur de ces valeurs féminines
  • une application pratique, personnelle, pour chacune (mode co-coaching).

13h00

Salon Mauduit
Ceci est mon sang : des règles qui indisposent ou qui prédisposent ?

Élise Thiébaut

Suscitant la gêne, le dégoût, la honte, le tabou des règles affecte nos vies, notre santé et notre bien-être, et même notre liberté. Mais, derrière le tabou se trouve peut-être le récit d’un savoir, d’une culture, d’une puissance à reconquérir qui pourrait prédisposer les femmes à réinventer le rapport à la santé et à l’environnement. S’il était démontré que les femmes étaient plus attentives aux questions de santé, du corps et du care, pourrait-on l’expliquer par un rapport particulier qu’elles auraient à la nature ? Pourraient-elles représenter un chemin singulier pour mieux préparer l’avenir (écoféminisme, médecines alternatives, auto-santé …) ?

13h30

Salon Mauduit
Clôture

Toute la matinée

Mezzanine du salon Mauduit
Fémiludique : la ludothèque féministe

Isa Terrier

Depuis 2016, nous avons tissé un réseau de femmes (et parfois d’hommes), autrices de jeux féministes que nous souhaitions mettre en valeur. Nous avons imaginé une version événementielle de ces expériences ludiques que nous avons compilé dans un dispositif autoporté, Fémiludique. Ce dispositif part du constat que le jeu est le meilleur moyen d’apprendre et de sensibiliser. A l’occasion du Printemps des Fameuses, nous présenterons un ensemble de jeux féministes, qui tentent de sensibiliser et d’agir pour la mixité et la parité, et également de faire un focus sur la thématique de la santé.

Mezzanine du salon Mauduit
Stand librairie

La librairie Coiffard

La librairie Coiffard, librairie indépendante nantaise et partenaire fidèle du Printemps des Fameuses, proposera un stand avec de nombreux ouvrages sur la thématique. Les autrices présentes seront ravies de dédicacer leurs ouvrages à l’issue du festival, soit à 13h30.