Saison #2

24 juin 2021

L’amour

Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…

Il y a belle lurette qu’il existe un divorce entre nos pratiques et notre récit collectif sur l’amour. Une dissonance un peu plus forte ces derniers temps qui donne le sentiment de traverser une crise. Les façons de faire couple, les questions de l’exclusivité, de norme hétérosexuelle, l’injonction à la reproduction, l’abaissement du seuil de tolérance vis-à-vis des violences et de tout forme de domination masculine, la définition des frontières entre amour et amitié… sont autant de signaux qui indiquent que nous vivons dans un monde où les choses vont moins de soi, un monde en transition, un monde où il y a du jeu… et ce n’est pas un hasard.

Parce que l’idée que l’amour a quelque chose à voir avec l’inégalité des sexes n’est pas nouvelle. C’est une question centrale du féminisme et notre époque, à son tour, en propose des relectures dont cette deuxième saison du Printemps des Fameuses en 2021 voudrait se faire modestement l’écho.

Le sujet est immense. Cette soirée du Printemps des Fameuses consacrée à l’amour ne fera qu’effleurer quelques pistes mais relève le défi, comme on saute d’un plongeoir ou dans une histoire d’amour : en fermant les yeux.

Au programme

18h-22h30

Une soirée ouverte à tou·te·s pour changer les idées sur l’égalité femmes-hommes.
Soirée animée par :
Clémentine Lemaire • Clémence Leveau • Éric Warin

18h00

Prologue :  le cœur sur la table

Victoire Tuaillon

« Je m’appelle Victoire Tuaillon,  j’ai 31 ans, et j’ai toujours été amoureuse ou voulu l’être. On a tendance à penser que l’amour, c’est un truc de gonzesses, un sujet pas très sérieux, une affaire privée entre deux individus animé·e·s par une force mystérieuse. Mais plus je suis féministe, plus je pense que c’est une question politique. Et que l’amour est en train d’être réinventé. »

18h35

Faire durer l’amour : guide de survie d’une féministe en couple hétéro

Mymy Haegel

Vivre en couple est tout sauf évident. Et les choses se compliquent encore lorsqu’il s’agit de faire coexister l’amour avec la conviction profonde que nous vivons dans une société où l’égalité entre les hommes et les femmes est loin d’être atteinte. Le féminisme martèle que « le privé est politique » : les dynamiques genrées ne s’arrêtent ni au premier baiser, ni sur le pas de la porte et il peut être extraordinairement difficile de vivre sereinement ses convictions féministes tout en étant en couple avec un homme.

19h05

« Amour », c’est féminin ou masculin ?

Violette Cordaro

Selon une règle traditionnelle en langage soutenu, « amour » s’écrit ordinairement au masculin quand il est singulier et féminin quand il est pluriel. L’Académie française note que le mot “a longtemps hésité entre les deux genres”. En la matière, c’est plutôt singulier de constater que la grammaire est traversée par la problématique du genre, tout comme peut l’être l’expérience amoureuse. Violette Cordaro, présidente de Nosig, centre LGBTQI+ de Nantes, témoigne de la sienne et parle de ses engagements en faveur des personnes non hétérosexuelles, non cisgenres ou non dyadiques, pour permettre d’aimer qui on veut.

19h35

Au nom de l’amour ? L’inaudible excuse des violences conjugales 

Anne Bouillon

Alors que les hommes courent plus de risques d’agression dans les espaces publics, le cadre conjugal apparaît comme le contexte le plus dangereux pour les femmes. Cette violence multiforme s’exerce par des brutalités physiques, mentales, économiques ou sexuelles auxquelles il faut ajouter la férocité des mots, blessants, injurieux, condescendants ou tyranniques, ou des processus de contrôle et d’humiliation… Pourtant, une relation de couple ne commence jamais avec des coups. Elle débute d’abord par une histoire d’amour et sur un pied d’égalité… du moins, sur le papier. Mais le schéma patriarcal bien ancré dans notre société peut inciter certains hommes à vouloir plus de pouvoir dans une logique de domination qui peut, parfois, entrainer le pire très vite après le meilleur. L’arsenal législatif existe pourtant bel et bien. Mais l’état et la société dans son ensemble se dotent-ils de tous les moyens pour éviter les drames ?

19h55

Chansons d’amour

Raphaële Lannadère

20h10

Faire l’amour : une sexualité à soi

Laura Berlingo

La sexualité est d’abord conçue comme un domaine où les femmes sont soumises à la domination masculine et cette situation engendre de graves discriminations que les féministes sont unanimes à dénoncer. Cette dénonciation sous-tend les luttes féministes durant tout le XXe siècle, qui se focalise sur diverses revendications en raison du dévoilement de violences jusque-là occultées ou de problèmes nouveaux engendrés par cette domination. Gynécologue obstétricienne à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, engagée dans les questions d’éducation sexuelle et très active sur Twitter et YouTube, Laura Berlingo publie « Une sexualité à soi ». Elle revient sur l’histoire de l’éducation sexuelle, sur la réappropriation des savoirs médicaux par les femmes et sur les nouveaux usages introduits par les réseaux sociaux.

20h40

L’amour sans enfant : Childfree, c’est grave docteur·e ?

Charlotte Debest

Pas facile de refuser la maternité quand la société tout entière pousse à avoir des enfants. En principe profondément intime, cette décision se révèle en réalité politique et il y a intérêt à affûter ses arguments. Paradoxalement, on ne demande aucune justification à celles qui font le choix inverse, comme s’il allait de soi. Mais le refus de la maternité semble à contre-courant de l’image qui associe les enfants au bonheur et la famille à un certain épanouissement de soi, à une certaine réussite personnelle et sociale.

Si 12 % des Français n’auront pas d’enfants, ils seraient moins de 5 % à en faire la démarche volontaire. Les Childfree ou les SEnVol, pour sans enfant volontairement comme préfère les appeler Charlotte Debest. Docteure en sociologie, elle considère que le chiffre est stable et le phénomène un peu surmédiatisé, mais elle en a étudié les ressorts et vient nous en parler.

21h10

Sauver l’amour : comment reconstruire après le pire ?

Mélissa Plaza

Lorsqu’on a été victime de viol, particulièrement durant l’enfance, en amour, les dés sont pipés. On appelle ça un pattern. C’est lourd à porter. Mais ça peut s’alléger. « Survivre. Panser. Retentir. » pour « en parler, peut-être, guérir et mieux prévenir ». C’est le projet de Mélissa Plaza. Elle pointe du doigt l’inceste, la violence originelle et raconte comment après, en amour,  il faut bûcher, trébucher, battre de l’aile avec l’espoir de s’envoler.

21h35

L’amour toujours

Avec l'ensemble des intervenantes

Dans son nouveau podcast Le cœur sur la table, Victoire Tuaillon rêve d’une révolution romantique et de futurs dans lesquels « personne n’opprimerait personne », où les relations ne seraient basées que sur l’honnêteté et le respect, sans aller jusqu’à l’injonction ou le « prêt à aimer » qu’on nous rabâche dans les magazines. Le cœur sur la table cherche à sauver l’amour, pose des interrogations et lance des pistes, avec une ambition : que ce projet devienne « une grande conversation collective » à laquelle participe le Printemps des Fameuses, son public en salle ou en ligne et l’ensemble des intervenantes de la saison 2.

22h05

Olé Olé, la reconquête du désir des femmes

Le collectif Olé olé

4 femmes sillonnent le désir et l’amour avec une audacieuse impudeur, tantôt assumée, tantôt hésitante. Les comédiennes improvisatrices du collectif nantais Olé olé s’appuient sur les les grandes thématiques de la soirée pour restituer une création inédite, libre et terriblement vivante.

22h30

Clôture