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La News des Fameuses

Les Fameuses lancent leur News ! Objectif : faire la démonstration que les progrès de l’égalité entre les femmes et les hommes ne passent que par l’action. Mensuelle, de Nantes et d’ailleurs, cette nouvelle publication vous proposera un regard affûté sur l’actualité et les sujets de fond. Toujours à l’affût, souvent impertinente, parfois partisane, La News des Fameuses vous donne rendez-vous pour son « numéro zéro » dès ce jeudi 13 septembre 2018. Vous embarquez ?

Edito

ON THE ROAD

On the road !

On aurait pu aussi bien titrer « En avant », « Chiche » ou « Just do it » : les progrès de l’égalité entre les femmes et les hommes ne passent que par l’action. Celle des autres, mais aussi la nôtre. Celle des femmes, mais aussi celle des hommes.

Comme l’explique Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle, dans le grand entretien qu’elle nous a accordé, « l’engagement doit être double, à la fois individuel et collectif. Sans les deux, ça ne marche pas. »

Alors, comme vous avez des moyens, de l’influence, de l’expertise ou des réseaux qui, selon Brigitte Grésy, représentent un levier « formidable pour s’engager », vous pouvez les mobiliser pour faire progresser la culture de l’égalité.

Les Fameuses souhaitent contribuer à relayer les initiatives ou les bonnes nouvelles sur notre territoire, impulser ou fédérer des dynamiques et fournir des outils pour s’engager à son niveau pour une société plus juste entre les femmes et les hommes.

Et l‘enjeu n’est pas seulement l’équilibre et l’équité. C’est aussi un investissement stratégique. Face aux mutations nouvelles qui bousculent les repères et les codes, la question de l’égalité entre les femmes et les hommes apporte des solutions innovantes dont il serait inconséquent de se priver. Au moins pour une raison : la curiosité du voyageur pour ce qu’il découvre au coin d’une nouvelle route.


(Avec cette V1, La News des Fameuses est encore en « roadage ». Votre avis nous intéresse : bonjour@lesfameuses.com !)

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La vidéo

Une production originale Les Fameuses.

Le chiffre

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des lycées publics des Pays de la Loire portent le nom d’une femme.

L'image

L'image - les tampons bio

DES TAMPONS BIO MADE IN NANTES

Bien que le coq soit un symbole éminemment masculin, on peut crier « cocorico ! Si les tampons classiques (et toxiques) disparaissent un jour du marché, ce sera sans doute grâce à deux Nantaises, Dorothée Barth et Coline Mazeyrat, qui ont fondé Jho, une marque de protections périodiques en coton bio. Avec ses tampons, protège-slips et serviettes hygiéniques fabriqués en Espagne, la jeune start-up a déjà reçu plusieurs milliers de commandes depuis son lancement en avril. Et pour cause.

On ne connaît toujours pas le contenu exact de ses produits d’hygiène 100% féminins. En France, il faudra attendre 2019 pour que le mystère soit levé, comme c’est déjà le cas en République Tchèque ou au Royaume-Uni. Au-delà d’être dangereuses, les protections périodiques sont aussi hors de prix car elles subissent la fameuse « taxe rose ». A partir de la rentrée, les étudiantes françaises pourront se les faire rembourser par leur mutuelle et la Belgique vient de voter une réduction de la TVA de 21 à 6% sur ces produits. On avance.

La Fameuse

Elle s’est dit qu’elle pouvait le faire…

3 QUESTIONS À…

Catherine Blondeau, directrice du grand T, scène nationale de Loire-Atlantique

Catherine Blondeau

Quel a été le déclic qui vous a amené à vous engager dans la lutte pour l’égalité ?

C’est en rejoignant les Fameuses et en participant au Printemps des Fameuses que j’ai véritablement eu un déclic. En parallèle, j’ai découvert des études produites par le Ministère de la culture qui montraient le retard énorme du secteur culturel en termes de parité : absence de femmes à la direction de grandes institutions ou dans les conseils d’administration d’instances décideuses (comme le CSA) et de femmes qui signent de grandes productions sur les plateaux de théâtre. Il y a le phénomène du plafond de verre, où l’on retrouve moins de femmes sur les plateaux car on leur fait moins facilement confiance. On voit aussi plus de femmes participantes que dirigeantes, comme partout ailleurs.

« Pour mieux voir les femmes, il faut d’abord les regarder »

Cette saison, 33 % des spectacles présentés au Grand T sont signés par des femmes, contre 12 % à 15% auparavant. Comment avez-vous réussi à féminiser votre programmation ?

Cela n’a pas été facile à mettre en place. Cette volonté de programmer plus de femmes est partie d’une prise de conscience collective et d’un travail d’équipe. Au moment de prospecter, nous avons décidé d’aller voir en priorité des productions signées par des femmes. Nous tâchons aussi de veiller à ce que les moyens de production alloués aux femmes soient équivalents à ceux alloués aux hommes.

On constate par ailleurs que la majorité des spectacles jeune public sont produits par des femmes et qu’elles restent cantonnées au domaine des enfants. Nous essayons d’être très vigilants sur ce point et de programmer également des femmes qui signent des grandes productions qui s’adressent à tous.

Que conseilleriez-vous aux femmes et aux hommes qui ont envie de s’engager ?

Je leur dirais de trouver leur propre méthode, propre à leur secteur, comme nous avons trouvé la nôtre. On bidouille comme on peut. Je leur conseillerais également d’aller regarder ce que font les femmes. Pour mieux voir les femmes, il faut d’abord les regarder. Cela suppose un petit exercice, car si on ne se surveille pas, notre regard est attiré comme un aimant par les figures masculines charismatiques.

Le site du Grand T

L'Infâmeuse

L’info qui donne des boutons !

PALME ACADÉMIQUE POUR LA « PUY DU FOU ACADÉMIE » !

Palme académique pour la « Puy du Fou Académie » ! / photo Ouest France

Photo © Ouest-France

On sait que le célèbre parc à thème a fait de l’histoire son fonds de commerce.

Il vient d’en décliner le concept d’une drôle de manière.

Après une école primaire et une école maternelle en 2015, le Puy du Fou fête cette rentrée avec la création d’une classe de 40 élèves de collège.

Grande nouveauté. Les garçons et les filles y suivront un enseignement séparé.

« On s’est dit qu’à partir d’un certain âge, on ne parle plus de la même façon à des garçons qu’à des filles : un garçon ne réfléchit pas comme une fille parce qu’ils n’ont pas les mêmes objectifs, ni la même façon de concevoir les choses », explique Elisabeth Bousseau, la directrice pédagogique de l’académie du Puy du Fou.

Sans commentaire, mais un beau premier prix d’excellence à cette rétro-innovation académique.

Le grand entretien

Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle, membre du Haut Conseil à l’égalité (HCE)

BRIGITTE GRÉSY : « L’ENGAGEMENT DOIT ÊTRE DOUBLE, À LA FOIS INDIVIDUEL ET COLLECTIF »

Brigitte Grésy est secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle, membre du Haut Conseil à l’égalité (HCE) et a notamment publié Petit traité contre le sexisme ordinaire (Albin Michel, 2009) et Le sexisme au travail, fin de la loi du silence ? (BELIN, 2017).

Comment vous êtes-vous engagée dans la lutte pour l’égalité ?

« Je me suis engagée en 1998 parce qu’il y avait un poste de chef de service des droits des femmes qui se libérait. J’avais passé l’ENA huit ans auparavant et cherchais un travail intéressant. Je suis à l’origine professeure agrégée de lettres français, latin et grec et j’avais réfléchi aux questions du féminin et du masculin dans la littérature. À l’époque, Hélène Cixous avait émis la théorie que les femmes avaient une écriture liée au « Continent noir », c’est-à-dire à la matrice, qui leur donnait une façon d’appréhender le monde plus dans l’intuition et la sensation. De mon côté, je me revendiquais comme quelqu’un qui avait l’esprit de synthèse avec une approche dialectique. C’est ça qui m’intéressait, plus que ce qui me ramenait à mon corps.

J’ai travaillé avec des universités sur ces questions d’approche et d’interprétation des textes. J’étais déjà très sensible au positionnement des femmes dans le monde du travail et au statut de leur parole, leur légitimité et leur crédibilité. Ma mère, qui a fait Normal Sup’, disait toujours à ses filles : « passer des diplômes c’est difficile, se marier c’est facile. Soyez autonomes intellectuellement et financièrement, c’est ça qui est important pour les femmes. » J’ai été très marquée par ça.

J’avais un sentiment très diffus et confus d’humiliation. J’avais l’impression que les femmes n’étaient pas à leur juste place, sans cesse sous-positionnées et disqualifiées. Pour moi, c’était insupportable. C’est aussi pour cette raison que j’ai passé l’ENA, pour aller voir ce qui se passait du côté des puissants et du pouvoir. C’était passionnant mais je me suis rendu compte qu’on était toujours considérées sur un mode mineur. Ce sens de l’injustice et cette forme de colère pas vraiment consciente ont toujours été présentes chez moi. J’ai évolué avec l’idée qu’on s’en sort par sa force intellectuelle, par l’effort et les études mais que l’effort n’est pas tout à fait récompensé de la même façon quand on est une femme.

Quand ce poste de chef de service des droits des femmes s’est libéré, j’ai sauté sur l’occasion. C’est Martine Aubry qui m’a nommée à l’époque et depuis lors, je n’ai jamais quitté ce sujet et occupé toutes les places institutionnelles en lien avec ces questions. »

« Nous sommes arrivés à une sorte de consensus, plus au moins bien digéré, sur le pourquoi de l’égalité, mais pas sur le comment. »

Pourquoi la lutte pour l’égalité est-elle encore importante aujourd’hui ?

Pour moi, l’égalité en est encore à ses balbutiements. Je travaille sur la question du sexisme, pas seulement dans le cadre des relations interpersonnelles mais aussi sur la classification des emplois et les procédures RH, ou la parentalité. Nous sommes arrivés à une sorte de consensus, plus au moins bien digéré, sur le pourquoi de l’égalité, ses valeurs et son intérêt sociétal, mais pas sur le comment (pourquoi ça coince et ce qu’il faut faire). Pour preuve, nous avons travaillé sur les référentiels métiers pour classer les emplois majoritairement masculins et féminins et nous sommes arrivés au constat que certaines compétences étaient sous-valorisées parce qu’elles s’avéraient souvent portées par les femmes (comme la pénibilité ou l’anticipation des conflits dans les liens avec le public notamment). Les organisations patronales refusent parfois de le reconnaître car elles disent « laissez-nous libres de faire. »

Lorsque l’on rend visibles les stéréotypes, on rencontre des résistance énormes. Certaines personnes ne voient pas le problème parce que nous sommes encore au début de ce travail sur les représentations qui façonnent des biais de sexe et empêchent l’égalité et d’autres parce qu’elles refusent simplement de le voir.

On en est encore au tout début de l’inscription de cette grille de lecture dans les pratiques des entreprises. Il ne suffit pas de dire, « mettons des femmes dans les métiers majoritairement masculins », il faut aussi s’assurer que les femmes restent dans ces métiers car la qualité de vie au travail leur semble acceptable.

Par exemple, le Canada se préoccupe avant tout des conditions qui permettent aux femmes de se maintenir dans les métiers majoritairement masculins. Cela implique donc de repenser tout le contexte, l’environnement, les process RH et l’évaluation des métiers.

D’après vous, quelles sont les priorités en termes d’égalité aujourd’hui ?

Pour moi, il faut rendre visible toutes les opérations de disqualification des femmes. Partout, dans les médias, avec le peu de femmes expertes, dans les livres de classe et la littérature, qui traitent les filles comme des princesses godiches… Il y a là un gâchis d’énergie et de compétences du côté des filles comme de celui des garçons. Je pense qu’il est essentiel de travailler sur les systèmes de représentations.

Une autre priorité à mes yeux est le temps partiel subi par les femmes et la précarité du travail féminin. Je viens de lancer une mission sur les femmes seniors et on se rend compte qu’elles rencontrent de plus grandes difficultés que les hommes seniors.

Quels conseils donneriez-vous aux femmes et hommes qui veulent s’engager ?

Pour s’engager, les réseaux égalité des grandes entreprises sont formidables. Cela fait vraiment progresser la prise de conscience et la solidarité. Il existe aussi l’engagement syndical, mais c’est déjà plus complexe. Il faudrait faire en sorte que les réseaux travaillent davantage avec les partenaires sociaux, ce qui n’est pas encore le cas.

Je pense que l’engagement doit être double, à la fois individuel et collectif. Sans les deux, ça ne marche pas. Quand il n’est qu’individuel, on culpabilise si on n’y arrive pas. Il faut que cette démarche s’inscrive dans une politique claire de l’entreprise en faveur de l’égalité.

Vous définissez-vous comme féministe ?

Je me définis comme une experte des questions d’égalité. À titre personnel, je suis évidemment féministe. Mais sur l’échiquier institutionnel, je ne peux apparaître comme militante. J’apparais comme la bricoleuse de l’égalité, celle qui traverse les équipes politiques pour accrocher les textes et les discours sur l’égalité dans les politiques publiques. On peut parler de Féminisme d’État éventuellement.

Retrouvez Brigitte Grésy sur Twitter.

Zoom et dézoom

On part d’ici, on va voir ailleurs.

#NÉGOTRAINING : LES FEMMES AUSSI PARLENT D’OSEILLE

Vous le savez, bien que l’égalité salariale soit inscrite dans la loi, elle est encore loin d’être effective. Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est que même quand les femmes gagnent plus que leur compagnon, elles mentent. Une étude américaine menée par CNN révèle en effet que dans les couples hétéros où la femme touche une paye plus grasse que l’homme, le mot d’ordre est minimisation pour Madame et exagération pour Monsieur.

Par ailleurs, une enquête de la Harvard Business Review révèle que, contrairement aux idées reçues, les femmes oseraient bel et bien demander des augmentations à leur supérieurs. Le problème ? Elles sont encore moins entendues. Là où 20% des hommes obtiennent gain de cause, seules 15% des femmes y parviennent.

On rappelle que l’écart de salaires femmes/hommes en Europe tourne autour de 20% et qu’en France, les femmes gagnent toujours 9% de moins que les hommes à poste équivalent et 25% de moins tous postes confondus. Un chiffre qui dépasse les 26% dans les Pays-de-la-Loire…

Il y a encore un boulevard pour #Négotraining, le programme nantais d’accompagnement à la négociation salariale pour les femmes qui en a déjà accompagné 662 depuis un an. Prochaines sessions les 24 octobre et 6 décembre de 17h à 20h.

Prochaine étape : former les employeurs ?

REZÉ : DES ADOLESCENTES RAPPENT CONTRE LE SEXISME

Elles s’appellent Salomé, Hannaé, Malena, Elvire et Maëla. À tout juste 15 ans, ces élèves de 3e du collège Pont-Rousseau à Rezé manient déjà les mots et le flow avec brio ! En effet, les cinq camarades ont décidé d’écrire un morceau de rap et de s’emparer du micro pour dénoncer le sexisme. Épaulées par leur professeur de musique, les adolescentes ont choisi d’inverser les rôles traditionnels de genre pour raconter le quotidien d’un homme dans la peau d’une femme d’aujourd’hui. Le résultat est redoutablement efficace et la relève est assurée !

A 6 000 kilomètres de là, le rap sert aussi d’outil pro-égalité. En Arabie Saoudite, la rappeuse Leesa A a déclenché un buzz sur la toile avec le titre « Driving » (Conduire), qui comptabilise près de trois millions de vues sur YouTube. Alors que les Saoudiennes viennent tout juste d’obtenir le droit de conduire, l’artiste a décidé de célébrer cette avancée historique avec un clip où on la découvre au volant (et sur le capot) d’une voiture avec des punchlines telles que « je ne plaisante pas, aujourd’hui je peux conduire. Le volant dans mes mains, les pédales sous mon pied. »

Les nominations

Les nouvelles Fameuses du territoire…

Marion Bonnetain, directrice territoriale Loire-Atlantique, Enedis – Catherine Deborde, directrice, Réseau Entreprendre Atlantique – Nicole Gourmelon, directrice générale, Crédit Agricole Atlantique Vendée – Sylvie Manaud-Benazeraf, directrice, Centre pénitentiaire de Nantes – Audrey Sauret, manager général, Nantes Basket Hermine – Julie Walbaum, directrice générale, Maison du Monde – Virginie Baron Oger, directrice d’agglomération, Cinémas Pathé-Gaumont.

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L'agenda

3e Prix Femmes du Digital Ouest
📅 Mardi 18 septembre – CIC Ouest, Nantes.
Un prix pour encourager les femmes à innover et à entreprendre dans le digital.

Les 40 ans de Solidarités Femmes
📅 Du 24 au 29 septembre à la salle Vasse et au Solilab – Nantes, l’association organise différents événements autour de l’égalité femmes/hommes et du féminisme.

Forum ouvert sur les droits des femmes en Europe organisé par YesWomen
📅 Mercredi 26 septembre – CCO, Nantes

Femmes au travail : 3 pas en avant, 2 pas en arrière
📅 Jusqu’au 28 septembre, exposition de photographies extraites du projet « Au bout du rouleau… de caisse » sur le travail des femmes en France, en collaboration avec le comité de Nantes de Femmes Solidaires.

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