N°1 - octobre 2018

FAIRE DE NANTES ET DE LA RÉGION UN LABORATOIRE NATIONAL DE L’ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES.

La vidéo

Une minute, un sujet édifiant.

Le chiffre

Pas la peine d’en rajouter.

0
%

des maires de Bretagne et Pays de la Loire sont des femmes.

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L'image

Pour marquer les esprits.

WOMEN WALK, RENTRER CHEZ SOI ENSEMBLE POUR NE PLUS AVOIR PEUR

S’il est très agréable de longer la Loire ou de sillonner les rues pavées du centre-ville pour rentrer chez soi après une soirée entre ami·es, la promenade bucolique peut vite tourner au cauchemar quand on est une femme seule. Car même si on ne croise personne, un sentiment d’insécurité nous accompagne sur tout le trajet.

Pour que les femmes ne ressentent plus cette peur, et pour tenter de dissuader les agressions sexistes, Léonie, 20 ans et Johanne, 23 ans, ont créé Women Walk, un dispositif qui permet à des femmes qui ne se connaissent pas d’entrer en contact et de rentrer ensemble le soir.

L’initiative des deux sœurs nantaises, récompensée par l’association Femmes du digital Ouest, a déjà réuni une communauté de 500 femmes sur sa page Facebook, qui partagent leurs itinéraires et organisent des « raccompagnements » en transports en commun ou à pied.

La Fameuse

Elle s’est dit qu’elle pouvait le faire… alors elle l’a fait !

3 QUESTIONS À…

Hélène Guillet, directrice générale des services de Vertou (44) et secrétaire générale nationale adjointe du Syndicat National des Directeurs Généraux des Collectivités Territoriales (SNDGCT)

Quelle place les femmes occupent-elles dans la fonction publique territoriale ?

Hélas, ce domaine n’échappe pas à certaines règles en vigueur dans beaucoup d’organisations. C’est un secteur très féminisé, mais uniquement sur les postes d’équipes de terrain et d’administration. Plus on monte en niveau de responsabilité, moins on trouve de femmes. Par ailleurs, plus les collectivités sont de taille importante, moins il y a de femmes.

C’est un vrai sujet auquel la fonction publique et le syndicat se sont attaqués depuis longtemps. Au sein de notre organisation, nous travaillons à instaurer la parité dans les instances exécutives départementales, régionales et nationales. Par exemple, nous avons refondu nos statuts l’année dernière en veillant à la féminisation des titres et à écrire de manière inclusive.

« Je me bats pour que les noms de postes soient féminisés »

Vous avez organisé mi-octobre un atelier sur l’égalité femmes/hommes dans le cadre du 78e Congrès du SNDGCT à la Cité des Congrès à Nantes. Dans quel but ?

Le salon professionnel Territorialis, organisé par le SNDGCT, s’adresse aux dirigeant·es d’organisations publiques et parapubliques mais est ouvert à toutes et tous. J’intervenais dans le cadre de cet atelier labellisé « Les Fameuses » parce que j’ai des fonctions dans l’exécutif national du SNDGCT et étais en charge cette année de la coordination locale de l’événement, en articulation avec le pilotage national.

Cet atelier visait à débattre de l’égalité et à sensibiliser sur ces questions tout en présentant des points de vie différents. L’idée est de montrer que ce sujet transcende la question publique et qu’il existe des problématiques similaires dans d’autres secteurs. Les leviers et les moyens doivent être adaptés, et chacun·e peut participer.

Sur plus de 400 inscrits au salon, on a recensé environ 160 femmes en situation de direction générale ou adjointe, ce qui n’est pas mal compte tenu de la proportion qu’elles représentent sur le plan national.

En tant que directrice générale des services de Vertou, comment œuvrez-vous à mettre en place l’égalité ? 

Je pense qu’il est important de commencer par repérer ses propres stéréotypes et de faire son propre état des lieux. Par exemple, j’ai été confrontée à des collègues en situation de responsabilité qui souhaitaient passer en temps partiel. Ma première réaction a été de dire que ce n’était pas compatible avec la fonction. En le disant, je me suis dit « et pourquoi ce ne serait pas compatible ? » C’est compliqué, mais il faut le faire sinon ça n’arrivera jamais.

Aussi, j’essaie d’agir sur deux niveaux, sectoriel et transversal. D’un côté, avec un plan d’action sur le fond qui passe par une réflexion sur le long terme et de l’autre, avec des marqueurs, qui sont symboliques mais forts. Ainsi, je me bats pour que les noms de postes soient féminisés, ce n’est pas facile mais je le maintiens contre vents et marées ! L’année dernière, j’ai inscrit tout mon comité de direction au Printemps des Fameuses et nous avons débriefé ensemble ensuite. Ce sont des petits pas mais ça fonctionne et ça produit des résultats.

S’engager peut aussi signifier commencer par refuser de servir le café quand on est la seule femme dans une assemblée. Favoriser l’engagement permettra à de jeunes femmes de se maintenir à des fonctions qu’elles auraient abandonnées ou n’auraient pas pu remplir de manière correcte.

L'Infâmeuse

L’info qui donne des boutons !

#BalanceTonPort : EN ROUTE POUR CANNES !

Comment dire l’embarras… Le Grand Port Nantes Saint-Nazaire n’a rien trouvé de mieux, pour promouvoir son projet de collectif portuaire, que de créer une nouvelle identité baptisée « BeMyPort ».

On voudrait être sûr·e de comprendre. Faut-il prononcer « porte » pour faire sonner le slogan à l’anglaise ? Dans ce cas « be my harbour » aurait pu mieux convenir. Ou s’agit-il d’une blague de vestiaire qui surfe sur le fameux hashtag #BalanceTonPorc ? Dans ce cas, expliquez-nous le rap…port.

L’opération, en tout cas, n’est pas passée inaperçue du côté des femmes du mouvement Génération·s qui se sont insurgées contre cette appellation, s’estimant « humiliées » par cette démarche qui « contribue à renforcer la toute-puissance des hommes dans cette ville, et par là même conforter le sentiment d’exclusion des femmes. » Ça rugit peut-être un peu fort pour une idée à 3 sous (proposée d’ailleurs par le client lui-même) mais l’Infâmeuse, par solidarité, sort ses griffes pour suggérer la candidature de cette création publicitaire aux prochains Lions d’or de Cannes. Groarrrr !

Zoom et dézoom

On part d’ici, on va voir ailleurs.

DÉGENRER LES MÉTIERS, UN VRAI CHANTIER !

Pilotes de lignes, cheffes de chantier ou data scientists : en 2018, certaines professions demeurent encore perçues comme masculines et attirent peu de femmes. Pourtant, si ces dernières optaient pour ces métiers, 20% des postes vacants seraient pourvus. C’est en partant de ce constat que le groupe Synergie et l’association Les entreprises pour la Cité ont organisé la troisième édition du Forum Mix&Métiers à Nantes autour de l’emploi des femmes et de la déconstruction des stéréotypes. Pendant une journée, vingt entreprises de la région ont présenté leurs opportunités de recrutement et de formations à plus de 400 femmes afin de les inciter à postuler dans l’aéronautique, le numérique ou le BTP.

Si les femmes boudent ces métiers historiquement réservés aux hommes, c’est aussi parce que le chemin pour y accéder est souvent semé d’embûches. Ainsi, une étude américaine parue dans la Harvard Business Review démontre que les femmes et les hommes ne sont pas logés à la même enseigne dans la phase de recrutement. Après avoir analysé 624 lettres de recommandation de physiciens, les chercheurs ont constaté que les termes utilisés pour vanter les compétences des candidats différaient fortement de ceux employés pour les candidates. « Exceptionnel », « remarquable » ou « éminent » pour les premiers, « gentille », « agréable » ou « volontaire » pour les secondes. La preuve que les mots comptent et qu’ils peuvent aussi contribuer à écarter les femmes de certains secteurs professionnels.

Au passage, bravo à Mix&Métiers, lauréat d’un prix Monster de l’innovation il y a quelques jours !

POLITIQUE, LES FEMMES GAGNENT DU TERRAIN

C’est une première mondiale. Des femmes ministres des Affaires étrangères d’une quinzaine de pays différents se sont réunies les 21 et 22 septembre derniers à Montréal. Leur but, « souligner l’importance et le rôle et les droits des femmes et des filles dans le monde » et rappeler que les femmes ne discutent pas que biberons et casseroles, mais sont aussi capables de débattre des questions de politique internationale. Le petit groupe a décidé de remettre ça tous les ans afin de fédérer un véritable pôle de réflexion international au féminin. On notera que notre pays a brillé par son absence, étant donné que, jusqu’à preuve du contraire, notre ministre des Affaires étrangères est un homme.

En France, bien que les postes-clés demeurent aux mains de ces messieurs (Premier ministre, président de l’Assemblée nationale, président du groupe LREM…) on peut tout de même se féliciter d’avoir un gouvernement paritaire, dont deux femmes à la tête de ministères régaliens : Nicole Belloubet à la Justice et Florence Parly aux Armées. Pour sa part, l’Assemblée Nationale s’est également largement féminisée et compte désormais 39% de femmes députées.

La Loire-Atlantique peut même se targuer d’avoir pulvérisé la parité lors des dernières législatives avec l’élection de 7 femmes (soit 70% des députés de la région). Un ratio historique.

Droit de suite

LYCÉE DE CARQUEFOU, LE CHOIX DU NOM FAIT DÉBAT

Dans la News de septembre, les Fameuses proposaient que le nom du tout-nouveau-tout-beau lycée de Carquefou soit celui d’une femme. Une suggestion qu’elles avaient déjà faite au printemps dernier à Christelle Morançais, présidente de la région des Pays de la Loire.

Eh bien, cette idée vient de resurgir sur proposition de la FCP, l’association de parents d’élèves.

Un bon moyen de départager le conseil d’administration du Lycée et les services de la Région. Le premier, qui proposait 3 noms, a voté en bloc contre le 4e, choisi par sa tutelle régionale. Résultat ? Un match nul pour un combat de coqs : 4 noms d’hommes !

Outre sa vertu pacificatrice, le choix d’une femme contribuerait à l’augmentation de leur part dans les noms de lycées publics de la région, qui plafonne à 6 %. Mirobolant !

Les nominations

Les nouvelles Fameuses du territoire…

Manuella Fauvel, codirectrice de la direction régionale Bretagne, Fidal – Céline Talineau, directrice, Zoo de la Flèche – Emmanuelle Mary, responsable de l’Institut national des techniques économiques et comptables, Cnam (Conservatoire national des arts et métiers) en région – Isabelle Monnier, déléguée territoriale, ARS (Agence Régionale de Santé) pour le Maine-et-Loire – Caroline Manach, première conseillère, Chambre régionale des comptes des Pays de la Loire – Murielle Cazaubiel, directrice du développement, Valbiotis – Laetitia Quatrevaux, responsable Grand Ouest de Teal Executives, cabinet de recrutement.

Une nomination à partager ? Dites-le-nous : bonjour@lesfameuses.com.

L'agenda

Profession’L, le salon de la reconversion professionnelle des femmes
📅 Jeudi 18 et vendredi 19 octobre – Manufacture, Nantes.
Ce salon permet à des femmes qui souhaitent se réorienter ou se réinsérer professionnellement de rencontrer des entreprises spécialistes de la formation, du recrutement, de la création d’entreprise et de l’accompagnement individuel.

Rencontre avec la consultante égalité femmes-hommes Justine Caurant
📅 Samedi 27 octobre – Bibliothèque de la Manufacture, Nantes.
Discussion sur les stéréotypes sexistes colportées par les bandes dessinées jeunesse et sur l’émergence d’une nouvelle littérature qui propose aux enfants des modèles alternatifs.

Théâtre – « Trois femmes » de Marina Tsvétaïéva
📅 Jeudi 8 novembre – Musée d’arts, Nantes.
Entre parole autobiographique et chant poétique, le récital « Mon frère féminin » est la troisième forme du Triptyque poétique « Trois Femmes » mis en scène par Vanille Fiaux. Russe mais universelle, Marina Tsvétaïéva est considérée comme l’un des plus grands poètes du 20e siècle.

Colloque régional : « Violences sexistes et sexuelles au travail : quels moyens d’action au sein de l’entreprise ? »
📅 Mardi 27 novembre de 8h30 à 14h – KPMG Ouest, Nantes.
Le réseau des CIDFF des Pays de la Loire, impliqué sur les questions d’égalité professionnelle comme sur la prévention des violences, présente aux entreprises les actions et les expériences menées dans la région.

Un événement à partager ? Dites-le-nous : bonjour@lesfameuses.com.

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