N°3 - décembre 2018

FAIRE DE NANTES ET DE LA RÉGION
UN LABORATOIRE NATIONAL
DE L’ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES.

La vidéo

Une minute, un sujet édifiant.

Le chiffre

Pas la peine d’en rajouter.

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Le montant, en euros, de l’écart de salaire horaire femmes/hommes en Mayenne. Cet écart est le moins important de tous les Pays de la Loire.

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L'image

Pour marquer les esprits.

FUTURE IS FEMALE !

Noël approche et vous n’avez toujours pas de cadeau pour votre nièce ou votre cousin ? Déterminé·e à ne pas céder à la facilité des jouets genrés, vous désespérez dès que vous entrez dans un magasin ? Pas de panique ! Si vous avez envie de soutenir une initiative à la fois ludique et égalitaire, Les filles du futur feront votre bonheur. Fondée il y a deux mois, cette association féministe propose un catalogue de 180 jouets non-genrés repérés sur internet pour dégommer les stéréotypes et élargir nos horizons. Jeux de société, poupées, déguisements, livres, DVDs, il y en a pour tous les goûts, filles et garçons, petits et grands. Rendez-vous sur leur site internet pour faire vos choix et passer commande avant les fêtes ! Si c’est trop tard pour Noël, gardez l’adresse. Ça marche aussi pour les anniversaires.

La Fameuse

Elle s’est dit qu’elle pouvait le faire… alors elle l’a fait !

ENTRETIEN AVEC…

Anne-Laure Guihéneuf, cheffe de projet Négotraining et responsable du Pôle Research & Business à Audencia

En quoi consiste Négotraining ?

Ce sont des ateliers qui ont été lancés en septembre 2017 pour former gratuitement les femmes à la négociation salariale sur le territoire de la métropole nantaise. Le projet est né à Nantes, mais nous avons fait un premier essai à Angers et souhaitons le déployer sur d’autres territoires.

Plusieurs réseaux économiques, réseaux de femmes et syndicats de salariés faisaient le même constat : malgré un bagage législatif et une évolution des mentalités en termes d’inégalités, les disparités sont toujours aussi fortes. Avec eux, nous avons voulu imaginer quelque chose à l’échelle territoriale et innover sur le sujet. Nous avons repéré une initiative américaine qui visait à former 85 000 femmes à Boston, portée par une association de chercheuses universitaires en partenariat avec la municipalité de Boston. Nous nous sommes dit que c’était un levier intéressant.

Quel est le profil des femmes qui suivent votre formation ?

Au départ, le projet d’expérimentation était adressé à 100 femmes, surtout des cadres supérieures, en poste sur la métropole nantaise. Mais aujourd’hui, nous nous adressons à toutes les femmes tous critères socio-professionnels confondus. Nous avons beaucoup de cadres qui participent, 25% d’employées et très peu d’ouvrières, d’agricultrices et de cheffes d’entreprises. C’est assez logique, les femmes les plus concernées par la formation sont les plus touchées par les inégalités plus fortes à mesure que les salaires s’élèvent.

Les tranches d’âges sont très variées : cela va de femmes seniors en fin de carrière à de jeunes étudiantes qui ne sont pas encore sur le marché du travail.

« Ce qui fait souvent défaut aux femmes, c’est d’oser demander »

Comment mesurez-vous l’impact concret de ces formations et quels résultats obtenez-vous ?

Nous interrogeons les participantes en amont et après la formation via un questionnaire de satisfaction à six mois et un an. Les résultats à six mois indiquent que 54% des femmes qui ont participé ont négocié leur salaire depuis leur atelier, ce qui est assez encourageant. Parmi elles, seules 7% n’ont rien obtenu.

Cela démontre que si on franchit le cap et on demande, on peut obtenir ce que l’on veut. Ce qui fait souvent défaut aux femmes, c’est d’oser demander. Je ne parle pas seulement du salaire, mais de primes, du fait d’aller chercher une meilleure qualité de vie, de demander du télétravail ou des jours supplémentaires de congé et d’améliorer sa rémunération au sens large.

Comment traiter le problème des dirigeant·es qui refusent de négocier ?

Il faudrait peut-être aussi former les dirigeants ! Tous ne sont pas encore prêts à accueillir les demandes. Beaucoup laissent peu de marge de négociation. C’est un mauvais raisonnement. Si on forme les femmes, mais qu’elles se retrouvent face à des gens qui ne sont pas réceptifs, ça ne peut pas fonctionner.

On retrouve aussi ce problème sur les questions liées à la mobilité, aux postes à responsabilité, aux stéréotypes et à la maternité. En entretien d’embauche, on questionne encore les femmes sur la maternité alors qu’on ne pose jamais la question de la paternité aux hommes. L’évolution des mentalités se fait mais est encore trop lente.

Aussi, les jeunes diplômées ont moins tendance à négocier et vont prendre ce qu’on leur donne. Il faut qu’elles comprennent que tout n’est pas acquis sur l’égalité femmes/hommes et que cet aspect ne doit pas être négligé.

Comment envisagez-vous l’avenir de Négotraining ?

Nous avons déjà formé 1000 femmes sur le territoire de la métropole et nous aimerions parvenir à en former 5000 avant fin 2020. Nous allons aussi traduire le module pour toucher les étudiantes internationales et travailler à ouvrir une dynamique sociale dans les quartiers prioritaires avec la Maison de l’Emploi.

L’idée est de rendre visible le dispositif au niveau national et d’obtenir le soutien de l’État pour l’essaimer. Nous avons une logique d’open source et souhaitons pouvoir donner une sorte de kit aux autres territoires pour qu’ils soient autonomes.

Nous voulons aussi inciter les femmes à s’inscrire à notre dispositif d’études, qui nous permet de travailler à partir de données et de faire progresser la question de l’égalité salariale.

L'Infâmeuse

L’info qui donne des boutons !

AU BAL MASCU

Ah, Noël ! Ses décorations lumineuses, ses guirlandes multicolores, ses chocolats trop gras et ses jouets sexistes… Malgré une enquête de 2017 du magazine 60 millions de consommateurs qui dénonçait le sexisme des jouets, les catalogues de Noël sont encore truffés de cadeaux genrés dignes d’une autre époque.

Cette année, la palme des idées cadeaux d’un autre temps, on retrouve Le bal magique de Megableu. Le concept est simple : chaque joueuse – la notice nous explique bien que le jeu est « exclusivement réservé aux petites filles » – place sa princesse sur le plateau pour monter sur la piste de danse et espérer pouvoir danser avec le prince. Parce qu’apparemment en 2018 « toutes les princesses du royaume veulent aller au bal ! » Ou comment apprendre aux petites filles que le but dans la vie est de trouver le prince charmant quitte à se battre avec ses copines pour y parvenir. Un jeu à boycotter pour le bien-être de toute la famille.

Zoom et dézoom

On part d’ici, on va voir ailleurs.

L’ÉGALITÉ SALARIALE, C’EST POSSIBLE !

Quand on veut, on peut. L’adage peut faire peur, mais dans le contexte de l’égalité salariale, il semble tout à fait adapté. La preuve avec le groupe Manitou qui a réussi à instaurer une rémunération équitable de ses équipes depuis le mois d’avril. En effet, depuis 2015, l’entreprise de manutention basée à Ancenis (Loire-Atlantique) œuvre à identifier les écarts infondés entre les femmes et les hommes et à effectuer un rattrapage annuel des salaires. L’entreprise nantaise ASI, spécialisée dans le digital et les services numériques, a aussi fait de l’égalité salariale une priorité. En trois ans, son président Jean-Paul Chapron est parvenu à gommer les écarts de rémunération entre ses 400 salarié·es.

Heureusement, cette volonté est partagée par de nombreuses entreprises dans le monde, et non des moindres. Sur le sujet, General Motors fait office de modèle. Aujourd’hui, le géant américain est parvenu à instaurer l’égalité salariale à tous les niveaux de son organigramme, tant chez les employé·es que chez les cadres. Le constructeur automobile peut également se targuer d’avoir une directrice générale et un comité de direction paritaire. Il a même mis en place des outils pour prévenir et lutter contre les violences sexuelles au travail. Ça fait rêver.

FEMINA NON GRATA

Si vous êtes une femme et cherchez un emploi en Europe, rayez tout de suite l’Estonie de votre liste. Les femmes y sont payées en moyenne 25,3% de moins que les hommes, en faisant le pire pays de l’UE en termes d’égalité salariale. Cerise sur le gâteau, la situation évolue très lentement depuis des années (l’écart était de 27 % en 2011) et les autorités ainsi qu’une partie de la société estonienne semblent sourdes au problème.

Chez nous, il n’y a pas de quoi pavoiser non plus. Aujourd’hui, aucune agglomération française ne respecte la parité des salaires. Parmi elles, Saint-Nazaire, qui est l’une des villes françaises où les femmes du secteur privé sont le moins bien payées. La commune de Loire-Atlantique occupe la 6e place (sur 771 villes) du palmarès en termes de disparités salariales. Quand on y regarde de près, on constate que ces écarts découlent directement de la faible présence de femmes dans certains secteurs d’activités, comme dans les entreprises du raffinage. La preuve que les questions de l’égalité salariale et de la parité sont directement liées.

L'agenda

Duplex CES Las Vegas
📅 Jeudi 10 janvier à partir de 19h – Nantes Ynov Campus.
Nantes Ynov Campus vous invite à découvrir les innovations mondiales du CES (dont App’Elles de la Fameuse Diata N’Diaye) au travers d’un duplex en direct de Vegas. Venez à cet After pour échanger avec les têtes de réseau numérique de l’Ouest.

Présentation du OFF du Printemps des Fameuses
📅 Vendredi 11 janvier, 8h30-10h30 – CCO, Nantes.
Galette des reines et présentation du OFF du Printemps des Fameuses (8-22 mars 2019) aux porteur·ses de projets. Sur inscription.

Tournoi Footworking
📅 Samedi 12 janvier – Sautron Foot Indoor.
Footworking débarque dans la région nantaise ! Au programme, un tournoi de football, un « goal challenge » en partenariat avec Femmes du Digital Ouest et une conférence-débat sur le thème « La mixité : un facteur de performance ».

Le Printemps des Fameuses
📅 21 et 22 mars 2019 – Stereolux, Nantes.
La billetterie du festival annuel de l’égalité femmes-hommes est ouverte ! En voilà, une belle idée de cadeau pour les fêtes. Stimulante, bousculante, divertissante : soyez au rendez-vous de cette 6e édition.

Un événement à partager ? Dites-le-nous : bonjour@lesfameuses.com.

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