Crédit photo : Ruben Arnold

Raphaël Haddad

Fondateur & Directeur associé Mots-Clés

Raphaël Haddad a fondé l’agence de communication éditoriale et d’influence Mots-Clés en 2011 ; à l’occasion d’une thèse portant sur le discours de meeting présidentiel, il a travaillé sur l’écriture inclusive. Auteur d’un Manuel d’écriture inclusive (2016), il accompagne depuis 5 ans grandes entreprises et collectivités dans leurs enjeux de communication sans stéréotype de sexe.

Transmission d’impensés : la longue quête d’un langage plus inclusif

« Le masculin l’emporte sur le féminin » ! La Fameuse règle de grammaire française est depuis longtemps dénoncée tant elle participe à la relégation sémantique et finalement sociale, des femmes.Depuis 2015, et la publication du Guide du Haut Conseil à l’Égalité, ce débat s’est focalisé sur l’écriture inclusive. Accusée de complexifier la langue et, par conséquent, l’apprentissage de la lecture, elle est devenue un sujet polémique, alors même que les pratiques qu’elle recouvre se diffusenth largement. Par exemple, l’Académie Française parle encore d’un « péril mortel », tout en déclarant simultanément qu’elle ne voit pas « d’obstacle de principe » à la féminisation des noms de métiers. En apparence subversive, cette tentative pour ”rendre visible la mixité” s’inscrit dans une longue démarche initiée il y a plusieurs siècles pour « démasculiniser » plutôt que pour « féminiser » la langue française. Comment la langue participe-t-elle de la transmission d’impensées ? Et comment sa ré-interrogation systématique permet de mettre au jour des dynamiques occultées ? Mais surtout, pour quels effets concrets sur le réel ? L’écriture inclusive n’est pas woke ; c’est une tradition française !