Crédit photo : Anthony Mainguet

Vincent d'Eaubonne

Dégoupilleur de matrimoine

Considérant que tout bien pesé, pendant qu’il s’occupe de Françoise, au moins il n’est pas au bistrot, Vincent se consacre à plein temps ou presque à son activité de dégoupilleur de matrimoine. Et comme il est bien plus intéressant de faire ça en équipe, que de se pousser du col comme «filsdeFrançoisedEaubonne», c’est avec grand plaisir qu’il s’active à créer des liens dans la Galaxie Françoise d’Eaubonne, liens qui débouchent sur des initiatives dont il ne juge pas légitime de se mêler systématiquement. Ce qui tombe bien, car on ne lui a rien demandé non plus et c’est très bien comme ça.

En complément, il travaille les questions anthropologiques qui ont étayé la réflexion de Françoise dans sa recherche sur les racines du patriarcat, pour prolonger sa pensée à la lumière des avancées faites en 50 ans. Ce qui le fait intervenir dans diverses instances et médias sur les liens entre l’écoféminisme, la question démocratique, la décroissance, au regard des défis qui se posent à notre espèce.

Tu seras un homme écoféministe mon fils !

Avec Élise Thiébaut

et Alain Lezongar

Autrice prolifique et militante infatiguable, Françoise d’Eaubonne est à l’origine de nombreux concepts fondateurs de la pensée féministe, parmi lesquels ”phallocratie », ”sexocide » et ”écoféminisme ». C’est elle qui propose, dès 1974, une synthèse entre la dénonciation l’exploitation de la femme par l’homme et l’exploitation de la nature par l’homme, concept qui sera repris par des militantes du monde entier dès les années 1980 et qui a encore récemment défrayé la chronique à l’occasion de la campagne à la primaire d’Europe écologie les verts. C’est elle aussi qui invite à « reprendre le pouvoir aux hommes » non pas pour le remettre aux femmes, mais pour imaginer « la gestion égalitaire d’un monde à renaître ». La journaliste et écrivaine Élise Thiébaut a plongé dans la vie de cette femme subversive et de sa pensée foisonnante. Ses recherches l’ont aussi conduite dans son intimité. Elle y a découvert un fils biologique, Vincent d’Eaubonne, qui se définit lui-même comme un « dégoupilleur de matrimoine », et un fils adoptif, Alain Lezongar. Leur conversation sera l’occasion de repenser la question de la transmission hors des sentiers battus, en explorant les impensés de l’héritage matrimonial.